Beezik réussira-t-il son pari ?
Lancée en septembre 2009 par deux jeunes entrepreneurs (Jean Canzoneri et Thomas Pasquet) cette start-up française est étonnante à bien des égards. Beezik c'est avant tout le pari que la musique peut être financée par la publicité en laissant en partie à l'utilisateur le choix de la marque à laquelle il souhaite être exposé.
Une équation en apparence simple (échec de ce type de 'modèle média' dans les telecoms) qui a permis au service de se développer très rapidement. Le site aurait selon ses fondateurs généré 1 400 000 téléchargement en mars 2010 soit plus qu'iTunes France et ce sans le catalogue de certaines majors dont Sony BMG. Pour les annonceurs, l'offre suscite un fort interêt et semble vouloir rapidement s'imposer comme une alternative sérieuse à Deezer.Le 27 avril dernier Beezik a lancé ses applications mobiles iPhone, Android et Blackbery, la version iPhone occupant déjà la première place du classement général. Une utilisation judicieuse de la mobilité qui devrait permettre de générer encore plus de créations de comptes et de téléchargements depuis le site web.Offre publicitaireL'offre de Beezik offre à l'annonceur la possibilité d'être présent de deux manières :- en display, sous forme de rectangle et d'habillage de la page d'accueil du site qui doit à elle seule générer l'essentiel du trafic (comme chez Deezer). - en vidéo : l'internaute choisi de visionner un spot publicitaire à l'issu duquel il obtient son morceau de musique. En plus du visionnage, le site de l'annonceur est ouvert dans une nouvelle fenêtre.
Modèle économiqueLes plateformes 'historiques' (iTunes, Virgin, Fnac) reversent entre 0,30 et 0,60 euros par titre aux maisons de disque selon leurs accords et la nature du catalogue auquel s'ajoute la TVA et la Sacem. Le revenu généré par le clic de l'utilisateur sur un spot publicitaire est donc complété par le display et par un système d'affiliation pour espérer faire surgir un modèle viable. C'est cet équilibre délicat entre ces 3 sources de revenus qui permettra à Beezik de confirmer son bon démarrage et d'imposer peut-être un nouveau modèle de commercialisation des singles.
Une interview des fondateurs est disponible chez notre Billaut national à cette adresse :
Ils expliquent leur modèle économique et parlent de revenue share avec les majors.
Demain une prise de participation de l'ensemble des majors en échange de la perenité d'exploitation des catalogues ?
